• La bête du Gévaudan

    Entre 1764 et 1767, les gens du Gévaudan (Lozère) ont vécu un véritable cauchemar. En effet, pendant 3 ans, environ 100 personnes ont été tuées et souvent à moitié dévorées par un animal mystérieux. Ces événements ont certainement débuté au printemps de l’année 1764 lorsqu’un animal se jeta sur une vachère. Les bovins firent face à l’agresseur qui s’enfuit. La femme ne fut que légèrement blessée. A la fin du mois de juin, Jeanne Boulet, une jeune fille de 14 ans du hameau des Uba, paroisse de Saint-Etienne-de- Lugdane, fut, comme le registre de la paroisse l’indique, « tué par la bête féroce » et enterrée le 1er juillet. Le 8 août, soit environ 6 semaines plus tard, à Masmejan, paroisse de Puylaurent, une autre fille est tuée. Jusqu'à la fin de cette année 1764, 16 personnes furent tuées et en partie dévorées par un mystérieux animal. Puis en janvier 1765, 11 autres personnes furent encore tuées et en partie dévorées. La « bête » tuera encore 44 personnes jusqu'à la fin de l’année. En 1766, le nombre de victimes est moins important, puisque seulement sept personnes sont tuées et dévorées. Par contre, le nombre d’attaques devient de nouveau plus important en 1767, puisque du mois de mars à juin, quand la « bête » fut tuée, 16 personnes furent dévorées. Félix Buffière (d’où sont tirées la majorité des informations sur la Bête), dans un travail minutieux, rapporte que 97 personnes furent victimes de la « bête » entre 1764 et 1767.

    Face à cette tragédie, la paroisse demanda de l’aide et c’est le 3 novembre 1764 que 56 dragons commandés par le major Duhamel arrivèrent de Clermont-Ferrand en renfort et s’installèrent à Mende, puis à Saint Chély D’Apcher. Ces hommes ont battu la campagne pendant 4 mois, sans obtenir aucun résultat. Le major et sa troupe durent quitter la région, notamment à la suite de plaintes portées par la population sur leurs exactions (par ex., ils traversaient les cultures avec leurs chevaux). Le major fut remplacé par le capitaine Duhamel réputé fin chasseur, puisqu’il avait déjà tué 1200 loups au cours de sa carrière. Cependant, il n’eut pas plus de chance que son prédécesseur et fut suppléé par le porte- arquebuse, lieutenant des chasses mêmes du roi Louis XV. Antoine de Beauterne choisit alors les meilleurs tireurs de la capitainerie royale et partit pour le Gévaudan où il arriva à la fin du mois de juin 1765. Le 21 septembre de la même année, il tua la « bête », un loup de 130 livres, soit 56,55 kilos mesurant 1,9 mètre du museau au bout de la queue. Après une accalmie de 3 mois, les attaques reprirent et tout le monde reconnut les marques de la « bête ». Pourtant, l’année 1766 fut assez calme et ce n’est qu’à partir du 4 mars de l’année suivante que les attaques reprirent, mais à une fréquence moins importante, puisque seulement sept victimes ont été répertoriées pour cette année là. Le drame reprendra le 2 mars 1767 avec la mort de Marie Plantin âgée de 11 ans et retrouvée dévorée dans les bois de Ségeas. Le 19 juin 1767, Jean Chastel tua la « bête », un « loup » de 47,415 kilos, mesurant 1,118 mètre de la pointe du museau au bout de la queue. Les dégâts cessèrent.


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