S'informer sur les différents phénomènes paranormaux qui subsistent sur notre planète,avec nombreuses photographies et vidéos
Avant de commencer à tuer, beaucoup de tueurs en série montrent une
fascination pour la mort. Cela, en lui-même, nest pas inhabituel.
Peut-être que si leur personnalité antisociale navait pas pris le
dessus, ces tueurs en série seraient devenus des médecins, des
scientifiques, des entrepreneurs de pompes funèbres ou même des
artistes.

Un exemple particulièrement horrible de
cette notion "damour dévorant" est le meurtre commis par le Japonais
Issei Sagawa, qui a assassiné et dévoré une étudiante Hollandaise, à
Paris. Il a raconté, dune manière très lucide, comment il avait
convoité sa victime : "Ma passion était tellement
grande que je voulais la posséder. Je voulais la manger. Si je le
faisais, elle serait à moi pour toujours". Sagawa hésita lorsquil découvrit son utérus : "Si elle avait vécu, elle aurait eu un bébé dans cet utérus. Cette pensée me déprima durant un moment". Mais Sagawa la mangea malgré tout.
La "décoration" abominable de la maison dEd Gein
était composée dabat-jour et de sièges de chaises en peau humaine,
ainsi que de crânes humains utilisés comme bols. Il fabriqua également
un vêtement et des bijoux avec des morceaux de corps. Les livres
danatomie ne satisfaisaient pas sa curiosité, il déterra dabord des
cadavres puis se mit à tuer.
Les tueurs en série sont-ils fous ? Pas selon les standards légaux. "Lincidence de la psychose parmi les meurtriers nest pas plus grande que lincidence de la psychose dans la population totale"
a dit le psychiatre Donald Lunde. La définition légale de la folie est
basée sur "les lois de McNaghten", datant du 19ème siècle : "Lagresseur
comprend-il la différence entre le bien et le mal ? Sil se sauve ou
fait nimporte quelle tentative pour cacher son crime, alors
lagresseur nest pas aliéné, parce que ses actions prouvent quil a
compris que ce quil faisait était mal". En France, larticle 122-1
du Code pénal prévaut : « Nest pas pénalement responsable la personne
qui était atteinte, au moment des faits, dun trouble psychique ou
neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses
actes. »

Pourtant quelle personne saine desprit
dévorerait des enfants et écrirait des lettres aux parents, expliquant
quel excellent repas leur enfant a été ? Dans le cas dAlbert Fish, le
jury la déclaré "aliéné, mais il a mérité de mourir de toute façon." ! Seuls quelques-uns, y compris les "sociologiquement retardés" Ed Gein et Peter Sutcliffe, ont plaidé la folie avec succès.
Cherchant toujours à manipuler, les tueurs en série feraient nimporte
quoi pour convaincre les autorités quils sont fous. Être déclaré
"légalement fou" signifie échapper à la peine capitale. Et si le
criminel parvient à persuader ses gardiens quil est guéri, il peut
espérer être libéré... comme Ed Kemper la été.
John Haigh a bu sa propre urine devant les jurés pour les convaincre de sa folie, mais cela a seulement servi à les dégoûter.
William Hickman a été assez stupide pour écrire son intention de convaincre les jurés quil était fou : "Jai
lintention de rire aux éclats, de hurler et de me jeter par terre
avant que laccusation ne termine sa plaidoirie..." Il termina sa
lettre adressée à un codétenu par un : "PS : tu sais et je sais que ne
suis pas fou"".
Lune des tentatives les plus prévisibles de "rejeter la faute" est de
se créer un côté sombre et mauvais, un "alter ego". Certaines de ces
créations sont désignées comme étant les véritables coupables des
meurtres.
Selon le Dr. Meloy,
la majorité des schizophrènes résistent aux ordres agressifs donnés par
les hallucinations auditives quils entendent.

La ville de Santa Cruz a connu de
nombreux tueurs psychopathes dans les années 1970. Ed Kemper notamment.
Son "collègue" schizophrène, Herbert Mullin,
est un exemple terrifiant de ce que peut être un tueur en série
réellement fou. Mullin entendait la voix de son père lui demander "Pourquoi ne me donnes-tu rien ? Va tuer quelquun. Bouge-toi !".
En tuant des gens, Mullin était convaincu quil empêchait un terrible
tremblement de terre de ravager la Californie. Contrairement à la
majorité des tueurs en série, il ne cherchait pas un certain type de
victime en particulier. Ses treize victimes "sacrificielles"
comprenaient une famille, un prêtre, une auto-stoppeuse, un SDF, un
retraité et de jeunes campeurs.
Lorsquil fut arrêté, tout le monde
convenu que Mullin était un schizophrène paranoïde... mais il fut
déclaré "légalement sain desprit". Contrairement à bien des tueurs qui
tentent de convaincre les autorités quils sont fous, Mullin essaya de
prouver quil était sain desprit, déclarant quil était la victime
dune immense conspiration. Il expliqua quil était "un bon citoyen Americain qui avait été dupé pour commettre ces crimes. Je sais que je mérite ma liberté".
Le "Fils de Sam" était une tentative bien construite de David Berkowitz pour paraître schizophrène. "Il ny a aucun doute dans mon esprit : un démon vit en moi depuis ma naissance", prétendit-il. "Je veux quon me rende mon âme. Jai le droit dêtre humain".
Des années plus tard, il tint une conférence de presse durant laquelle
il annonça que son histoire de démons avait été inventée.
Génétique et mauvaise graine

Les criminels psychopathes sont-ils
différents dès la naissance ? Beaucoup de parents disent que leurs
enfants, qui sont devenus des criminels, sont nettement différents de
leurs frères et surs non violents. A 3 ans, Ted Bundy sest glissé dans la chambre de sa tante Julia, encore adolescente, et a glissé des couteaux sous les couvertures de son lit. "Il est resté là et il a grimacé", expliqua-t-elle.
Carl Panzram écrivit lui-même : "Toute
ma famille est dans la moyenne des êtres humains. Ils sont honnêtes et
travaillent dur. Tous sauf moi. Je suis un humain-animal depuis ma
naissance. Lorsque javais 5 ou 6 ans, jétais un voleur et un menteur
et jétais méprisable. Plus je vieillis, plus je deviens mauvais".
Peter Kurten a noyé deux camarades de jeux à lâge de neuf ans.
Ces enfants sont-ils tout simplement nés mauvais ?
Lenvironnement seul ne peut pas expliquer le comportement des tueurs
en série : trop denfants abusés et/ou négligés sont devenus des
adultes responsables et honnêtes. Sil existe une explication
génétique, cest une mutation discrète et délicate. Nous ne rencontrons
pas de familles entières de tueurs en série (même les McCrary étaient
plus des dégénérés assassins que des serial killers). Il nexiste pas
de "gène du tueur", mais des recherches révèlent certaines tendances
génétiques aux comportements violents. En dautres termes, les
mauvaises graines fleurissent dans de mauvais environnements.
Une étude menée sur des jumeaux élevés séparément en 1997 a révélé un
lien puissant entre limpulsivité et un comportement de recherche de
sensations, "attribué presque entièrement à des facteurs génétiques". La recherche de sensations et limpulsivité "sont plus élevés chez les drogués, les délinquants et les psychopathes".

Bobby Joe Long avait un chromosome féminin ("X") en trop, une anomalie connue sous le nom de Syndrome de Klinfelter (comme Francis Heaulme),
ce qui signifie quune hormone féminine, lestrogène, était présente à
un taux élevé dans son corps. A ladolescence, ses seins ont poussé, ce
qui la beaucoup embarrassé. Bobby Joe Long, toutefois, possédait
énormément dautres "prérequis " de tueur en série. Il avait souffert
de blessures répétées à la tête et sa mère avait des moeurs légères,
entre autres.
Réciproquement, un chromosome masculin ("Y") en trop était autrefois en
vogue pour expliquer la violence. Lavocat de Richard Speck a affirmé
que son client avait un profil génétique XYY, mais des tests ont prouvé
que cétait faux. Alors quun chromosome masculin semble être une
explication logique à un comportement agressif "mutant", il nexiste
pas de preuve qui lie le chromosome X ou Y aux tueurs en série.
Un taux élevé de
testostérone en lui-même nest pas dangereux, mais lorsquil est
combiné avec un taux bas de sérotonine, le résultat peut-être mortel.
La testostérone est associée au besoin de dominer (bien des athlètes et
des hommes daffaires ont des taux élevés de testostérone).
Mais puisque tout le monde ne peut pas être le meilleur, la sérotonine
empêche la tension datteindre des niveaux trop élevés, et nous
tempère. Mais selon une étude de Paul Bernhardt, lorsque le niveau de
sérotonine est anormalement bas, la frustration peut mener à un
comportement agressif, voire sadique.
Des recherches ont
montré que les agresseurs violents ont des niveaux plus élevés de
métaux lourds toxiques (manganèse, plomb, cadmium et cuivre) dans leur
corps. Un excès de manganèse fait baisser le taux de sérotonine et de
dopamine, ce qui contribue à provoquer un comportement agressif.
Lalcool augmente ces effets. Le meurtrier de masse James Huberty avait un taux excessif de cadmium dans son sang.
Selon plusieurs chercheurs, des blessures à la tête et des anomalies du
cerveau mènent souvent à un comportement violent. Lorsque
lhypothalamus, le lobe temporal et/ou le cerveau limbique sont
endommagés, cela peut expliquer une agressivité incontrôlable.
Lhypothalamus régule le système hormonal et les émotions. Le cerveau
"supérieur" a un contrôle limité sur lhypothalamus. À cause de la
proximité physique des centres de la sexualité et de lagressivité dans
lhypothalamus, linstinct sexuel et la violence deviennent liés pour
le "lust killer". Lhypothalamus peut être abîmé par la malnutrition ou une blessure à la tête.

Enfant, Kenneth Bianchi a chuté dun
portique et est tombé sur larrière de sa tête. Peu après, il a
commencé à avoir des crises dépilepsie.
Le chercheur Dominique LaPierre pense que le "cortex
préfrontal, un endroit du cerveau impliqué dans la planification à long
terme et le jugement, ne fonctionne pas correctement chez les sujets
psychopathes".
Les paléopsychologues croient également quil
existe une sorte de mauvais fonctionnement du cerveau chez les tueurs
en série, et que, en quelque sorte, leur cerveau "primitif" ignore le
cerveau supérieur : la libido, lagressivité et lappétit prennent le
pas sur la raison et la compassion. Une étude de Pavlos Hatzitaskos
explique quune grande proportion des prisonniers des couloirs de la
mort a eu dimportantes blessures à la tête et quenviron 70% des
patients souffrant de blessures au cerveau développent des tendances
agressives.
Certaines de ces blessures au cerveau sont accidentelles, mais la
plupart dentre elles ont été infligées lors de mauvais traitements
durant lenfance. Parmi les nombreux tueurs en série qui ont souffert
de blessures à la tête, on peut citer Leonard Lake, David Berkowitz,
Kenneth Bianchi, John Gacy, Bobby Joe Long et Carl Panzram, qui, enfant, a eu une sorte dinfection au cerveau. Il écrivit : "Finalement,
ma tête a gonflé jusquà être aussi grosse quun ballon... Jai été
opéré à la maison. Sur la table de la cuisine. Jaimerais savoir si
cela est la cause de mes étranges actions". Ted Bundy, au contraire, a effectué des scanners du cerveau et des rayons X, mais ils nont révélés aucun traumatisme au cerveau.
Le magasine "Crime Times" rapporte les découvertes selon lesquelles les
psychopathes ont un "seuil de peur" plus élevé et ont moins tendance à
répondre à des stimuli provoquant la peur, comme un bruit violent et
soudain.
Il est possible quils soient "immunisés" contre la peur.
Selon le psychologue Shawn Johnston, "le
rythme cardiaque du psychopathe et la température de sa peau sont bas,
et sa réaction de surprise est bien moindre que chez les personnes
"normales". Le système nerveux autonome des gens extrêmement violents
est extrêmement lent... Ils ont besoin dun niveau plus élevé
dexcitation ou de stimulation pour avoir une "expérience" intense".
Des études montrent que le manque de contact physique peut être nuisible pour le développement de lenfant. Lors dune étude sur des chimpanzés, les bébés qui nétaient pas "pris à bras" se renfermaient sur eux-mêmes et commençaient à attaquer les autres. Certains tueurs en série ont été séparés de leurs parents très jeunes ou leur mère ne leur a pas montré damour et ne les touchait pas.
Ces caractéristiques physiologiques, toutefois, ne créent pas
obligatoirement un tueur en série. Beaucoup de gens ont des blessures
au cerveau et des anomalies biologiques et ne sont pas pour autant
violents. Un coup à la tête ne va pas forcément créer un tueur en série.
Le mal peut-il être réduit à une équation chimique ? Peut-être est-ce
une combinaison entre lenvironnement et des prédispositions chimiques.
Ce que nous savons, cest quil nexiste pas de schéma unique pour tous
les tueurs en série. Beaucoup de ces études biologiques sont nouvelles,
et peut-être que dans le futur, le profil chimique du tueur en série
sera découvert...
Les fantasmes étranges se développent dans lisolation et la colère. Selon Ressler, pour le tueur en série en devenir, les fantasmes violents mènent à une isolation encore plus grande, ce qui, en retour, crée une dépendance encore plus grande aux fantasmes...
"En grandissant, jai
réalisé, même incomplètement, que jétais différent des autres gens, et
que la manière de vivre à la maison était différente de la maison des
autres", dit John Haigh. "Cela me poussait à lintrospection et à détranges questionnements mentaux".
Finalement, pour nourrir leurs fantasmes, les tueurs en série en
arrivent à un point où ils ont besoin de les réaliser. Ils vont se
préoccuper uniquement de meurtre pendant des années, et dériver dans
des états de transe avant le meurtre, totalement emprisonnés par leurs
fantasmes. Dans leurs rêveries monstrueuses, leurs victimes sont
réduites à de malheureux pions. Beaucoup des mutilations ritualisées
accomplies sur les victimes découlent dun drame intérieur que seul le
tueur peut comprendre.
Dennis Nilsen expliquait : "Javais
créé un autre monde, et les hommes réels y entraient et il ne leur
était jamais fait de mal dans les lois irréelles de mon rêve. Jai
provoqué des rêves qui ont provoqué la mort. Cest mon crime".
Jeffrey Dahmer avait une idée similaire : "Jai rendu ma vie imaginaire plus puissante que la vie réelle".
La réalité brutale et dégoûtante du
meurtre ne correspond jamais complètement au pouvoir des fantasmes. En
fait, cest généralement une déception, mais le fantasme ne disparaît
pas pour autant. Il senracine plus profondément dans la psyché du
tueur.
Cela explique la nature "sérielle" et répétitive des
meurtres : les tueurs veulent recommencer et "saméliorer" jusquà ce
que, enfin, ils réalisent le meurtre parfait, totalement semblable à
leurs fantasmes.
Ted Bundy observait : "Le
fantasme qui accompagne et génère lanticipation qui précède le crime
est toujours plus stimulant que les conséquences immédiates du crime
lui-même".
Beaucoup de tueurs en série gardent des
souvenirs (des "trophées") de leur crime, qui attisent plus tard leurs
fantasmes. Lorsque lon a demandé à Bundy pourquoi il prenait des Polaroïds de ses victimes, il a répondu : "Lorsque vous travaillez dur pour faire quelque chose de bien, vous ne voulez pas loublier".
Cest une chose de fantasmer de tuer
quelquun, mais cen est une autre de passer à lacte. Quest-ce qui
incite les tueurs en série à traverser cette frontière, encore et
encore ?
Les drogues sont souvent impliquées, surtout lalcool, comme dans les cas de Gacy (qui utilisait aussi du Valium, des amphétamines et de la marijuana...), Ramirez, Nilsen et Dahmer.
Stresseurs

Selon Ressler et ses confrères, il
existe des "stresseurs", des événements qui déclenchent la rage
meurtrière du tueur. Ils peuvent être "un conflit avec
une femme, un conflit parental, un stress financier, des problèmes de
couple, un conflit avec un homme, la naissance dun enfant, une
blessure physique, des problèmes légaux et le stress dun décès".
Alors que le tueur affronte sa frustration, sa colère et son
ressentiment, les fantasmes de meurtre peuvent occulter la réalité.
Selon Ressler, "bien des facteurs déclenchants sont centrés autour des différents aspects du contrôle".
La mort de la mère de Gein lui a fait "passer la barrière", alors que
les combats journaliers de Kemper avec la sienne le rendaient fou de
rage. Christopher Wilder a affirmé que son itinéraire meurtrier avait
commencé après quune femme ait rejeté sa demande en mariage.
Après le meurtre
Selon Joel Norris, il existe six phases dans le cycle du tueur en série.
1 - La phase daura, durant laquelle le tueur commence à perdre prise sur la réalité.
2 - La phase de chasse, durant laquelle le tueur cherche une victime.
3 - La phase de relation, durant laquelle le tueur attire sa victime.
4 - La phase de capture, durant laquelle la victime est prise au piège.
5 - La phase de meurtre ou de Totem, qui est émotionnellement élevée pour le tueur.
6 - La phase de dépression, qui a lieu après le meurtre.
Norris écrit que lorsque la dépression survient, elle provoque le recommencement des phases. Bundy
a dit quil na jamais vraiment obtenu ce quil espérait avec ses
meurtres, et il a toujours ressenti un vide et un grand désespoir après
ceux-ci.
Joel Norris décrit la "dépression post-homicide" que les tueurs en série éprouvent : "Le
tueur réalise simplement un fantasme rituel... mais, une fois
"sacrifiée", lidentité donnée à la victime dans le fantasme du
meurtrier est perdue. La victime ne représente plus ce que le tueur
pensait quil ou elle représentait. Limage de la fiancée qui le
rejetait, lécho de la voix de la mère haïe, ou les moqueries du père
distant. Tout subsiste très clairement dans lesprit du tueur après le
crime. Le meurtre na pas effacé ou changé le passé parce que le tueur
se déteste lui-même, encore plus quavant lapogée de lémotion...
Cest seulement son propre passé qui est représenté. Il a échoué à
nouveau. Au lieu de renverser les rôles de son enfance, le tueur les a
renforcés, et en torturant et tuant une victime sans défense, il a
répété ses tragédies les plus intimes."
Beaucoup de tueurs en série accusent notre culture violente (surtout les Américains...) de nourrir leurs appétits.
Quelques jours avant dêtre exécuté, Bundy a déclaré que la
pornographie "dure" était responsable des meurtres quil avait commis.
Dans nos divertissements médiatiques, le sexe et la violence semblent
aller de pair. Bundy avait-il raison ? Ou sest-il trouvé une excuse
facile ?
Beaucoup de tueurs en série adoptent également des figures violentes comme modèles.

Le doux Peter Kurten, qui était
extérieurement un homme poli et policé, idolâtrait Jack lÉventreur
alors quil était emprisonné : "Jai pensé au plaisir que ça maurait donné de faire des choses de ce genre, une fois que je serais de nouveau dehors".
John Wayne Gacy et Edmund Kemper adoraient John Wayne (qui a évidement
dautres fans que les tueurs en série), car sa justice vengeresse
("oeil pour oeil") plait au tueur... qui pense être une victime.
De nos jours, on accuse souvent des films ou des musiques dêtre la
cause de bien des meurtres. Bien quil nexiste aucune preuve directe
que la violence et les médias créent
des tueurs en série, cela peut activer leur fantasme et peut-être les
légitimer pour certains. Comme disait Ed Kemper au sujet de la
pornographie violente : "Ca nest pas ça qui ma rendu mauvais. Mais... ça a mis de lhuile sur le feu".
Selon Elliot Leyton, dans son livre "Hunting Humans", les tueurs en série ne sont pas "des
créatures étranges à lesprit dérangé, mais des hommes qui ne veulent
pas continuer la vie morne dans laquelle ils se sentent coincés. (Aux
USA), élevés dans une civilisation qui légitimise la violence comme
réponse à la frustration, fournie par les médias et la pornographie
violente, avec le manuel expliquant la procédure à suivre, ils
choisissent lidentité virile du pirate et du vengeur". (point de
vue tout de même très américain qui, sans vraiment le vouloir, élève le
tueur en série au rang de rebelle qui "fait la nique" à la société...
américaine).
Il est plus
facile pour nous de nous voir uniquement comme des étrangers ou des
stéréotypes. Les tueurs en série sen prennent à des stéréotypes. "Nous créons des étrangers les uns pour les autres, dit Steven Egger. Et
alors que nous devenons des étrangers, nous commençons à voir les
autres plus comme des objets et moins comme des êtres humains".
"Cest le facteur danonymité", a dit Bundy
au sujet de sa facilité à tuer. Au 20ème siècle, langoisse de la
grande ville continue de générer les tueurs et les victimes. Les tueurs
en série peuvent facilement trouver des victimes parmi les "oubliés" :
fugueurs, prostituées, droguées, SDF...
Peut-être « lanonymité » elle-même est elle un facteur qui créé le
tueur en série. Se sentant privé de ses droits, oublié, ignoré dans la
foule, le psychopathe ne tue pas seulement celles/ceux qui lui
renvoient sa propre identité anonyme et oubliée, mais se fait aussi un
nom, il "devient quelquun" en tuant. Cerise sur le gâteau, il peut
même devenir une célébrité si ses crimes font la une des journaux...
David
Berkowtiz navait pas didentité stable : il ne faisait rien de
particulier, il navait pas damis, pas dattaches. Il était
terriblement seul. Lidentité du "Fils de Sam" lui a donné une immense
notoriété et du pouvoir sur les autres. Il était excité lorsquil
entendait ses collègues de la poste discuter du "Fils de Sam", sans
savoir que le "gentil David" qui travaillait avec eux était le tueur
psychopathe dont on parlait dans les journaux.
La possibilité que la notoriété soit une motivation supplémentaire pour
le tueur en série est terrifiante. De nombreux tueurs en série, qui
sont motivés par un besoin de pouvoir et de domination, adorent
lattention que leurs portent les médias.
Gacy collait sur son "petit cahier" tous les articles de presse le concernant.
Le procès de Jeffrey Dahmer avait "un
air de grande première dun film, complétée par des célébrités locales,
des groupies qui couraient après un autographe et tous les médias sur
le pied de guerre", écrivit la biographe de Dahmer, Anne Schwartz.
Mais le Dr. Meloy nous prévient de ne pas faire des tueurs en série des stars : "Si
le meurtre attire lattention des médias et catalyse à la fois la peur
et la fascination du public, cela va renforcer lopinion du psychopathe
selon lequel il est important et tout puissant... Dans un sens, les
médias populaires peuvent transformer les prédateurs en figures
mythologiques au point quils croient devenir une légende dans leur
propre esprit. Cette vérification dans la réalité de ce que jusquici
ils navaient vécu que dans leurs fantasmes conduit ces psychopathes à
considérer le meurtre comme lunique moyen datteindre la notoriété".
Uniquement lorsquils sont arrêtés ou tués.
Très peu se sont rendus deux-mêmes à la police. Ed Kemper a appelé la
police pour avouer ses crimes et a attendu quon vienne le chercher.
Certains tueurs en série réclament dêtre appréhendés, mais
disparaissent avant que la police narrive pour les arrêter. William
Hereins écrivit son message mémorable ("Pour lamour de dieu arrêtez-moi avant que jen tue plus je ne peux pas me contrôler")
avec un rouge à lèvres sur un mur, alors que sa victime gisait, morte,
égorgée, sur le sol. Si certains tueurs ont arrêté de tuer parce quils
étaient satisfaits ou parce quils "sennuyaient", nous navons aucun
moyen de le savoir puisquils nont pas été arrêtés.
Certains affirment que sils avaient pu, ils auraient massacré bien
plus de gens. Le "Vampire de Dusseldorf", Peter Kurten, a dit : "Plus
il y a de gens, mieux cest. Oui, si javais eu le moyen de le faire,
jaurais tué des centaines de personnes, jaurais créé des catastrophes".
Lorsque Carl Panzram ne fantasmait pas dempoisonner des villes
entières avec de larsenic, il passait son temps à manigancer un plan
pour provoquer une guerre entre les Britanniques et les Américains.
Devant un jury, avant quils ne délibèrent sur son cas, il expliqua : "Je
crois que la race humaine dans sa totalité devrait être exterminée, et
je ferai de mon mieux pour le faire à chaque fois que jen aurais la
chance". (Le jury le condamna à mort en moins dune minute...)
Non.
Et heureusement, notre société ne veut pas prendre le risque de les
relâcher (une fois que lon sait quils sont des tueurs en série...)
En
fait, lune des critiques les plus franches concernant le possible
"changement de comportement" des tueurs en série vient de Carl Panzram
lui-même : "Je nai aucune envie de maméliorer. Mon
seul désir est de changer les gens qui essayent de me changer. Et je
crois que la seule manière de changer les gens, cest de les tuer. Ma
devise, cest Vol-les tous, viole-les tous et tue-les tous".
Finalement, tout ce que nous pouvons conclure, cest que les tueurs en
série sont des trous noirs. Ils sont si normaux, si invisibles, quils
nous terrifient parce quils nous ressemblent. Beaucoup dentre eux se
décrivent comme ayant une pièce manquante, quelque chose de mort en eux
ou, comme le disait Bundy, "vide à lintérieur". Non seulement les
victimes sont "un blanc" pour le tueur mais les tueurs sont des vides
pour eux-mêmes.
Tuer les autres nest pas une tentative de remplir le vide mais de propager le vide.